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L’accès à la propriété s’est détérioré au Québec

18 juillet 2019

De 2017 à 2018, l’accès à la propriété s’est détérioré dans la quasi-totalité des régions administratives de la province, révèle un rapport de JLR.

Durant cette période, l’indice d’accès à la propriété (AP) a en effet reculé partout, à l’exception du Bas-Saint-Laurent et du Centre-du-Québec, où le ratio d’accessibilité (ratio salaire hebdomadaire médian par rapport au paiement hypothécaire type) s’est au contraire apprécié de 1 %. L’indice AP annuel moyen de 2018 (93,8) a ainsi atteint un creux pour se retrouver sous la moyenne des 13 dernières années (97,3). Entre 2017 et 2018 seulement, celui-ci a baissé de 6,4 %.

Depuis 13 ans, l’indice le plus faible a été enregistré en 2008. À l’époque, la moyenne annuelle s’était établie à 89,4. En 2006 et 2007, l’accessibilité dans la province s’était également détériorée, car le prix des maisons et le taux d’intérêt augmentaient, rappelle JLR.
Puis, à la fin de 2008, le Canada était entré en récession et c’est à ce moment que la pire période en matière d’accessibilité a été enregistrée, ajoute la firme. Ensuite, les taux d’intérêt ont commencé à diminuer et l’accessibilité s’est améliorée jusqu’à atteindre un sommet (103,3) en 2015 et 2016.


L’EFFET DE LA HAUSSE DES TAUX D’INTÉRÊT

Pour expliquer ce recul enregistré au Québec, JLR met en avant le fait que, de la mi-2017 à la fin de 2018, la Banque du Canada a procédé à cinq hausses de son taux directeur. Par ailleurs, malgré un marché du travail affichant une pénurie de main-d’œuvre et de faibles taux de chômage en 2018, le salaire médian provincial est resté presque inchangé tout au long de l’année.
Enfin, le prix médian des maisons unifamiliales a progressé de 3,5 % dans la Belle Province entre 2017 et 2018, alors qu’il avait déjà augmenté de 4,4 % l’année précédente.
« La combinaison de ces trois facteurs a contribué à alourdir le fardeau hypothécaire des ménages, ce qui a affecté de façon négative l’indice AP provincial », résume JLR.
Si la hausse des taux d’intérêt a globalement réduit l’accès à la propriété dans la majorité des régions du Québec, deux d’entre elles parviennent cependant à tirer leur épingle du jeu. C’est en particulier le cas du secteur Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui sort grand gagnant du palmarès 2018. Concrètement, son ratio AP s’est ainsi élevé à 1,43 l’an dernier, en grande partie grâce au bas prix des maisons comparativement au salaire gagné par les résidents.
JLR note par ailleurs que, « sans grande surprise », le plus faible ratio d’accessibilité de l’année écoulée (0,35) a été enregistré à Montréal. Cela signifie qu’en 2018, il fallait l’équivalent d’environ trois semaines de salaire à un ménage gagnant le taux de salaire hebdomadaire médian afin de pouvoir payer complètement le paiement hypothécaire mensuel type d’une maison unifamiliale. Conséquemment, sur un an, l’accès à la propriété dans la métropole québécoise s’est détérioré de 9 %.


PRESSION À LA HAUSSE SUR LES PRIX

Selon JLR, une autre explication de ce recul de l’accessibilité réside dans le fait que, l’an dernier, les prix ont grimpé à Montréal et que la Ville fait aujourd’hui face à une très forte demande de maisons unifamiliales.
La firme note que le nombre de maisons à vendre sur le marché y est faible, tandis que celui des terrains disponibles pour la construction de nouveaux logements est très limité, « ce qui exerce une pression à la hausse sur les prix ».
Cela dit, ajoute-t-elle, la construction de copropriétés permet tout de même d’augmenter l’offre de logements. Ce segment immobilier connaît notamment une grande popularité auprès des jeunes, qui sont souvent de premiers acheteurs, ainsi que d’une proportion de plus en plus importante de baby-boomers en quête d’un logement plus facile à entretenir que celui dans lequel ils vivent aujourd’hui.
« L’an dernier, l’accès à la propriété en termes de moyenne annuelle s’est détérioré dans la province par rapport à 2017. À l’heure actuelle, la province semble être dans la partie creuse du cycle d’accessibilité. Malgré les remontées des derniers mois, il serait précipité de parler d’un revirement de tendances et il faudra attendre (…) avant de déduire quoi que ce soit », conclut JLR.
Vous avez dit « abordable »?
Un logement est considéré comme étant abordable si un ménage consacre moins de 30 % de ses revenus avant impôt à son paiement. Or, selon les données du dernier recensement de 2016 de Statistique Canada, 13 % des ménages propriétaires québécois allouaient 30 % ou plus de leurs revenus en frais de logement, soit moins tout de même qu’en Ontario (20 %) et qu’au pays (17 %).
En 2016, une proportion plus élevée de ménages québécois semblait donc vivre dans une habitation abordable comparativement à leurs voisins ontariens et à l’ensemble des Canadiens. Toutefois, le taux de propriétaires dans la province (61 %) était également plus faible que chez nos voisins de l’ouest (70 %) ou dans l’ensemble du Canada (68 %).
JLR rappelle qu’un déclin de l’indice signifie que les résidences deviennent moins abordables, alors qu’une hausse de l’indice indique qu’il devient au contraire plus abordable de se loger. La firme indique par ailleurs que l’accès à la propriété est influencé par trois facteurs principaux : le prix des maisons, les salaires et les taux d’intérêt. De même, les règles et mesures fiscales nationales et provinciales peuvent elles aussi avoir une incidence sur l’accessibilité. Ainsi, les resserrements des règles hypothécaires entrées en vigueur ces dernières années « ont pu contribuer à exclure certains ménages du marché », selon la firme.
Source : JLR.---conseiller.ca

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